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L’actualité des professionnels de la beauté et du bien-être

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Auteur(s) : Marie TAUPIN

9/06/2021

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Il ne manquerait plus que vous soyez blonde, et nous aurions le cliché parfait de l’esthéticienne sophistiquée qui n’a rien dans la tête ! Pourtant, aujourd’hui, 30 % des entreprises françaises sont créées par des femmes. Les femmes représentent 40 % des entreprises individuelles, notamment dans le commerce et les services à la personne. Comme pour les hommes, l’entrepreneuse moyenne est mariée et a des enfants. Elle doit donc concilier vie familiale et vie professionnelle. 46 % d’entre elles estiment plus simple de concilier ces deux mondes en tant que dirigeante d’entreprise. Mode d’emploi en trois points pour faire changer le regard sur l’esthéticienne de demain.

En maîtrisant les chiffres

Il faut savoir que les femmes sont moins bien financées que les hommes lors de la création d’une entreprise. Le taux de rejet de crédit demandé par des créatrices d’entreprises est de 4,3 % contre 2,3 % pour les hommes, soit quasiment la moitié. Et pourtant, les financements dont celles-ci ont besoin sont généralement moins élevés que ceux de leurs congénères masculins. Ainsi, elles sont 44 % à estimer que les échecs de création d’entreprise s’expliquent par le manque de financements. Certains banquiers diront qu’elles ne maîtrisent pas assez leur business plan ou leur prévisionnel. Mesdames, à vous de jouer et de leur prouver qu’ils se trompent !

Voici un petit test à faire dans votre institut sans ressortir le dernier bilan :
– Quel était votre chiffre d’affaires de l’année dernière ?
– Quel était votre panier moyen ?
– Quel était votre excédent brut d’exploitation (EBE) l’année dernière?
– Quel est votre taux de marge moyen sur vos prestations ?
– Connaissez-vous votre seuil de rentabilité ?

Option 1 : Vous avez réussi à répondre à ces cinq questions ? Parfait, vous maîtrisez les enjeux économiques de votre entreprise ! Vous pouvez ajuster les voiles selon l’orientation que vous souhaitez prendre, par exemple, l’augmentation de votre salaire ou l’embauche d’une salariée.

Option 2 : Vous ne connaissez pas toutes les réponses ? Pas d’inquiétude, il existe des formations pour vous apprendre à lire un bilan comptable ou calculer vos chiffres selon les charges de votre institut. Il est très important pour l’avenir de votre entreprise que vous ne restiez pas dans le flou et hasardiez avec la comptabilité. Dans le contexte économique actuel, vous devez pouvoir justifier vos chiffres. Lors d’un rendez-vous avec votre banquier, il faudra le rassurer et montrer que vous maîtrisez votre business plan. Soyez professionnelle ! Vous êtes une cheffe d’entreprise avec la tête sur les épaules. Vous devez donc savoir répondre à toutes les questions concernant votre projet.

En vous formant

Pour être crédible envers vos différents interlocuteurs (consœurs, chefs d’entreprise, salariés, etc.) et ne pas rester sans voix, vous ne devez pas hésiter à vous former pour apprendre ou combler vos lacunes. L’école n’aborde malheureusement pas tous les enjeux de l’entreprise et nous ne découvrons qu’une fois dans l’action que nous n’avons pas toutes les clés.

Essayez de trouver des formations gratuites. Rapprochez-vous, par exemple, de votre centre de gestion agréé qui vous proposera différents thèmes tel que : « Pourquoi et comment lire un compte de résultat et un bilan » ou encore « Réalisez votre plan de trésorerie ». Vous pouvez également vous renseigner auprès de la Confédération nationale artisanale des instituts de beauté (CNAIB) de votre département. En tant que cheffe d’entreprise, vos demandes seront prises en charge par le Fonds d’assurance formation des chefs d’entreprises artisanales (FAFCEA).

La CCI, ou la chambre des métiers de votre département, est également en mesure de vous proposer également de nombreuses formations (gestion d’en-treprise, management, langues, etc.). Impossible de vous déplacer ? Il existe des « webinars » (autrement dit séminaires en ligne, ndlr). Ils se déroulent par écrans interposés, sur une durée prédéterminée (une à deux heures), à des horaires fixés au préalable (www.cgala.fr). Plus vous serez formée, plus vous prendrez confiance en vous et saurez-vous vendre ou négocier avec vos différents partenaires.

En intégrant les différents réseaux

La plupart des chefs d’entreprise « masculins » adhérent à des groupements (Business Network International [BNI], Confédération des petites et moyennes entreprises [CPME], Réseau Entreprendre, etc.). Vous devez faire de même. L’idéal serait un cercle de dirigeants mixtes. Vous côtoyez, au quotidien, déjà beaucoup de femmes. Ces clubs donnent l’occasion de discuter entre pairs, de bénéficier de l’expérience de chacun, d’agrandir son réseau et de développer ses compétences. L’objectif étant aussi de briser la solitude du chef d’entreprise et d’être accompagné pour affronter les moments difficiles. La richesse des différents secteurs d’activité permet de se rendre compte que les difficultés sont souvent les mêmes, tout comme les solutions.
La majorité des associations sont payantes (cotisation de 50 euros à plus de 1 000 euros). Vous devez rechercher celle qui vous correspond le mieux. Commencez par intégrer l’association